Bonjour à tous !
Mal en point est le blogger sans connexion internet. Mais heureusement, par un subterfuge dont je tairais les vices, nous allons pouvoir écouter de la musique cette semaine.
Plus précisément, nous allons nous amuser avec cette rencontre entre Shirley Bassey et The Propellerheads et cette piste sortie en 1997. Alors faites de la place autour de vous, et préparez vous à vous défouler !
Shirley Bassey ; The Proppelerheads
Qui connait Shirley Bassey ? Mis à part les spécialistes, peu de monde. Sa sortie du monde de la soul s'étant faite grâce aux nombreux génériques de James Bond qu'elle peut se targuer d'avoir chanter, mais aussi grâce à cette piste, qui la fit connaitre du public pop et hip-pop (wikipédia).
Qui connait Propellerheads ? Mis à part les spécialistes, peu de monde. Ce groupe se présente comme un duo de DJ au style difficilement descriptible, qualifié couramment de "big beat". Pour les amateurs de cinéma, ils sont les auteurs d'une piste de la BO de Matrix 1 (à visionner ici)
Il me sera difficile d'en dire beaucoup plus sur ces deux entités car mise à part cette piste, je serais bien incapable de mentionner une quelconque autre création de ces artistes... Alors lançons nous à corps perdu dans ce titre !
Suspense d'un jour...
Dès le début, la piste nous emmène dans une ambiance à l'esprit tout à fait 60s avec un orgue au son parfaitement nostalgique qui nous rappelle la grande époque d'un Billy Preston ou encore du grand Ray Charles. Cet intro, glissant sur un rythme marqué par les contre-temps, nous donne une sensation de groove bien maitrisé et ne laisse présager que des bonnes choses pour la suite.
La voix de Shirley Bassey, compacte et chaude à la fois, vient alors fendre cette atmosphère pour se poser sur une nappe d'un orgue qui ne fait qu'augmenter le suspense. Que nous préparent-ils ? A cet instant, on sent bien que la piste n'est pas encore tout à fait lancée et l'on reste dans l'attente car nos pieds ont déjà commencé à bouger, dès les premières notes.
Puis le silence se fait, et laisse exploser la voix, qui force magnifiquement sur les mots "history repeating", en fin de vers, comme si elle dessinait l'esquisse d'une caricature des voix black de la soul, tout en restant dans l'élégance du style.
Modern Jazz vs. Big beat
C'est parti, nous voilà à présent lancés dans la piste. Le choc des cultures est d'autant plus frappant que le rythme est entrainant. Le rythme de batterie est claquant, stable, inaliénable, la basse est imperturbable, ressassant la même ligne mélodique à l'infini, inlassablement. Il est clair que l'on voit ici les prémices de la musique électronique d'aujourd'hui, avec des lignes de fond qui ne bougent pas tout le long du morceau.
Le contraste est flagrant avec le piano et le synthé qui courent en tête sur des rythmes chaloupés, en contre-temps, qui contrastent avec la régularité de la section rythmique qui se contente de rester sur les rails de la mesure à 4 temps.
Shirley Bassey, elle, continue sur sa lancée, avec sa voix soul et ses tremolos, elle sait rester à la limite de l'élégance et ne passe jamais du côté grandiloquent et de mauvais goût qu'elle a les moyens de donner à sa voix.
Pour ajouter encore à cette touche 60s, les cuivres font soudainement leur apparition. Sur des mélodies dignes des grands instants Gershwiniens, ils deviennent les moteurs du morceau et font pénétrer en nous tout le groove et l'énergie contenu dans la piste et surtout dans la voix. Et comme pour marquer, une fois de plus, le métissage du style, le DJ nous rappelle qu'il maitrise les cuivres et nous le prouve en "scratchant" leur mélodie.
La fin de la piste est remarquable par la montée d'un son très grave, c'est celui d'un des cuivres qui sonne comme la corne d'un bateau et annonce le départ, la fin, l'au revoir. Shirley Bassey assène sa sentence ("I've seen it before, i'll see it again") comme une malédiction jetée à l'avenir de la musique. Et enfin, pour définitivement arrêter le morceau, le gong est sonné, après une partie de piano qui nous fait croire que celui-ci est devenu fou et ne peut plus se maitriser après l'écoute de cette piste. Un peu comme nous, derrière notre écran, ne pouvant retenir nos jambes de s'agiter.
Hypocrisie ou clairvoyance ?
Il est à noter que les paroles de cette piste sont particulièrement croustillantes.
En effet, dans les premiers vers, elles évoquent un nouveau style qui est en train de prendre de l'importance, de grandir, tout comme l'intro qui monte au fur et à mesure en tension. Le mélange des genres que l'on vient d'observer à l'écoute de la chanson nous laisse imaginer que les paroles seraient porteuses de leur propre musique, évoquant une évolution voire une révolution, l'invention d'un nouveau style, pourquoi pas le Jazz beat ?
Mais, en vérité, de l'avis de la chanteuse, tout ceci n'est simplement que "history repeating". Evitons de traduire ce terme.
Le débat est lancé, avons nous affaire à un vrai nouveau style ou alors est-ce le simple mélange de deux entités déjà existantes auparavant ?
Une fois encore, la piste va jouer avec les contradictions et les contrastes qui sont la base de la composition du morceau : oldies/moderne, instruments à vent/synthétiseur, contre-temps/régularité... Et c'est toute cette alchimie qui va faire de cette chanson quelque chose d'universel, d'entrainant et de réussi.
A vous de jouer : écoutez, réécoutez et ressentez.
Pour cette semaine j'ai essayé de choisir une piste qui ne ferait pas appel à nos émotions fortes et profondes mais plutôt à notre ressenti de la chaleur et de l'énergie que peut dégager la musique et qui nous donnent la sensation d'être pendant quelques minutes en apesanteur dans un monde multi-colore, chaud et débordant d'une énergie vitale dont on est autorisés à se servir à l'infini.
dimanche 18 avril 2010
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