Bonjour à tous !
Tout d'abord je tenais à m'excuser de n'avoir rien poster lundi dernier, mon séjour à la montagne m'en empêchant. J'entends déjà les mauvaises langues râler, dire que ça ne tiendra pas, etc, néanmoins Une nouvelle semaine, Une nouvelle piste...c'est parti !
Et accrochez vos ceintures car nous allons brusquement passer d'un univers à l'autre. En effet, après nous être aventurés dans le monde violent et boueux de Jack White, nous allons nous diriger vers celui beaucoup plus fantasmagorique et poétique de Peter Doherty. Ah, ça y est ! Je sens qu'à l'évocation de ce nom j'ai déjà perdu la moitié d'entre vous ! Pour éviter que cela se reproduise, dressons un court portrait de ce chanteur tout aussi talentueux que déjanté...
Peter Doherty est tout d'abord Pete Doherty, chanteur et guitariste au sein du groupe The Libertines. Accompagné et épaulé par Carl Barât, il y compose deux albums (Up the Bracket et un album éponyme) sur lesquels on retrouve des compostions mêlant des mélodies d'une grande sensibilité et des rythmes punks enragés, tout ça sous la houlette d'un producteur plus que prestigieux, j'ai nommé Mick Jones (guitariste de The Clash, pour les Alzheimer).
Toujours sous les projecteurs des magazines people qui se gavent de ses frasques de rock star typique (c'est sur, on en avait pas vu depuis au moins vingt ans), Doherty se lance dans un nouveau projet : The Babyshambles. Le premier album, produit par Mick Jones toujours, relève plus de la répé enregistrée en vitesse que de l'album préparé et peaufiné pendant des mois ! Etant donné le talent incontestable (!) de ce compositeur, l'on pourrait trouver cela dommage mais, personnellement, je trouve que c'est ce qui donne tout son charme à une chanson comme Fuck Forever, le feeling... Le deuxième album rencontre un succès incomparable dans la carrière du jeune chanteur, plus net, plus précis, plus concis, Shotter's Nation est un bijou dont l'écoute est fortement recommandée...
Enfin, Pete Doherty s'engage dans une carrière solo et devient Peter Doherty. Son premier album est une sorte de retour à la sagesse. Rythmes lents, guitares acoustiques, arrangements sublimes, le tout poussé par Graham Coxon (guitariste de Blur) qui apporte une touche country inestimable dans la beauté de l'album. S'il faut écouter un seul album de tout ceux sus-cités c'est bien celui-ci... Agréable aux oreilles de tous, il vous emmènera inexorablement dans un pays des merveilles avec ses joies et ses peurs mais un optimisme toujours présent...
Entre tous ces formidables albums j'ai longtemps hésité pour choisir la chanson dont j'allais vous parler cette semaine. Mon choix s'est donc porté sur l'origine, la base de l'écriture de Doherty. Time For Heroes se trouve sur le premier album de The Libertines (Up The Bracket)...
Pure. Une guitare électrique, un la majeur et une main droite qui, en quatre aller-retours et demi nous donnent d'emblée la morphologie du morceau. Simple et naïve, cette intro nous emmène dans l'univers du rock et plus particulièrement sur la planète punk, là où il s'agit de saturer les guitares, de plaquer un ou deux accords et de laisser faire le reste. Le reste ? Un chant, un chanteur, des paroles.
A l'instar de Joe Strummer et sous les bons conseils de Mick Jones, Pete Doherty entre dans le morceau avec sa voix superbement ajustée, lancinante, insistant sur les consonnes, comme des coups de poignards infligés au micro...
Il chante faux ? Oui c'est possible, mais il chante avec tout son corps, et n'est-ce pas cela qui compte ? Il vit sa chanson, il est au coeur de cette Angleterre qu'il nous conte, on a presque l'impression que sa gorge se serre lorsqu'il prononce les mots "riot" et "love".
Toute l'émotion du morceau passe dans cette voix parfaite, belle, qui se morfond de voir sa patrie décrépir ; car quoi de plus infligeant que de voir l'un des sujets de sa majesté porter une casquette de base-ball ? "There are fewer more distressing sights than that of an Englishman in a baseball cap"
Alors quoi ? Doherty se réfugie dans ce qu'il lui reste de plus vrai, son amour. "You know I cherish you my love !". Et ce dernier d'insister, par une magnifique montée à l'octave au dessus, pour sublimer cette magnifique phrase qui part dans les airs avec la puissance d'un canon...
Dans la même trame, il continue à plus ou moins articuler sa complainte, comme fatigué par tout ce qui l'entoure, jusqu'à se mettre à genou "Yes I passed myself down on my knees", encore un vers qui sera chanté à l'octave, comme un appel au secours.
Et nous arrivons enfin au moment le plus beau de la piste, ouvrez grand vos oreilles et écoutez, entendez la puissance de ce solo de guitare. Je ne vous apprendrai rien si je vous dis qu'il n'est pas maitrisé, que la guitare est fausse, que les cordes sont mal pincées. Mais contre toute attente c'est bien cela qui fait toute sa grandeur. L'émotion dépasse la technique. Cette guitare pleure et les doigts du guitariste aussi. Seul Pete Doherty est capable de telles prouesses. Ses sentiments sont tellement forts et puissants qu'ils arrivent à dépasser toutes techniques instrumentales, ces derniers transcendent littéralement la musique et nous font entrer en communication avec l'auteur.
S'en suit une véritable déflagration. Le batteur étend ses coups, le groupe est en transe et fait monter sa mélancolie au plus haut point, marquée par les choeurs aha, aha, aha, aha, dans un style tout à fait Clashien... Un moment pure, défait de toutes arrière-pensées, on ressent l'honnêteté dans ces voix candides et tristes, enfantines.
Enfin, le dernier couplet, identique au premier, la boucle est bouclé, la chanson n'a rien fait à cette situation et son grand amour reste toujours le seul échappatoire...
Seul Pete Doherty est capable de faire transparaitre à ce point ses émotions à travers la musique elle-même et pas seulement par le chant. C'est ce qui fait de lui un vrai artiste. Talentueux qui plus est.
Ecoutez, réécoutez, et ressentez !
Après une intro douteuse, le reste est magnifique dans ce live, seul, une guitare...
Alors ? Qu'avez vous ressenti ?
PS : un concours de circonstances plus ou moins tragiques m'a obligé à poster ce message mardi et non lundi, encore désolé !
lundi 22 mars 2010
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Alors c'est reparti on y retourne c'est une Nouvelle Semaine avec une Nouvelle Piste ! Encore un met de choix pour exciter nos tympas et imprégner nos boîtes crâniennes de mélomanes en manque de sensations rocks...Et oui une semaine sans une piste -en tout cas pour nous bloggeurs qui n'étions pas dessus- et nous voilà en crise.
RépondreSupprimerPour mon plus grand bonheur je plonge avec l'héro(aut) -ou pas- des Libertines & je reviens...@+
GOMAR
Excellent choix, le génie de Pete est imprimé dans ton article.. Bavro bravo !
RépondreSupprimerCe Héraut à fleur de peau dénonce ou plutôt décrie. Sans forcément traduire on ressent. C'est en cela que ce messager tient son talent. La passion qu'il met dans ses mots les rend vivants & palpables. S'enivrer de ses paroles reste donc la seule chose à boire. Attention l'abus de Pete est bon pour la santé. À consommer sans modération.
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